Histoire d’Espionne – Gabrielle Petit

Posté par: Thomas Dupuis Sur: mars 08, 2022 Dans: Non classifié(e) Commentaires: 0

En cette journée du 08 mars, les agents Doe tenaient à rendre hommage à l’une des grandes figures de l’histoire du vingtième siècle : Gabrielle Petit. 

C’est le 20 février 1893 que naît à Tournai en Belgique celle qui deviendra plus tard une héroïne de la Première Guerre mondiale.  Fille d’ouvriers, Gabrielle perd prématurément sa mère qui était gravement malade. Elle est alors envoyée par son père faire ses études au couvent des Soeurs de l’Enfant-Jésus avant de devenir gouvernante à Bruxelles.  

En 1914 Gabrielle est fiancée depuis seulement trois mois avec Maurice Gobert lorsque les troupes allemandes envahissent le royaume de Belgique. N’écoutant que leur bravoure, les deux amants n’ont qu’une chose en tête : prendre leur part dans les batailles à venir. “Notre devoir est clair. La patrie nous appelle ! Nous la servirons tous deux en soldats. Tu te battras. Je vais à l’ambulance” lui aurait-elle annoncé. Elle s’engage comme infirmière auprès de la Croix-Rouge mais malheureusement Maurice est blessé. Fait prisonnier, il parvient à s’échapper et à rejoindre Gabrielle qui l’aide à rejoindre les armées du roi en Hollande. 

Hommage à Gabrielle Petit dans l’Événement Illustré du 7 juin 1919

Gabrielle veut participer à l’effort de guerre, plus qu’un rôle passif, elle veut être dans l’action. C’est décidé, elle se rend à Londres ! Elle y rencontre des officiers impressionnés par son intelligence et sa vivacité. Un mois plus tard, la voici formée et de retour en Belgique pour sa première mission d’espionnage au sein du réseau de résistance d’Edith Cavell. 

“Notre devoir est clair. La patrie nous appelle ! Nous la servirons tous deux en soldats. Tu te battras. Je vais à l’ambulance” 

Celle-ci n’est pas simple, voire dangereuse. Tout en séjournant parmi l’ennemi, Gabrielle doit fournir des instructions sur les positions des troupes et des informations sur ceux qui les composent. Âges, nombre de militaires, numéros de régiment, moral, nombre de blessés, le maximum de détails est le bienvenu. 

En quelques jours, elle a acquis une incroyable habileté. Véritable caméléon, elle est partout. Sous couvert de plusieurs identités, la voici un jour bonne d’enfants, quand le lendemain la voilà réfugiée ou un autre jour voyageuse de commerce. Le contre-espionnage allemand fait rage, et elle fait tout pour leur échapper. Mais petit à petit, l’étau se resserre sur elle. Voyant ses comparses arrêtés les uns après les autres, elle se refuse de s’arrêter là et de prendre ses distances. Au contraire, cette situation galvanise sa soif de vengeance. 

“ Si je dois mourir en service, ce sera comme le soldat, la pensée au drapeau”. 

Surveillée, la voici arrêtée en juin 1915 et enfermée à la Kommandantur. Faute de preuves et face à son refus catégorique de parler, on la relâche. Elle est arrêtée une deuxième fois et s’enfuit. La troisième lui sera fatale. 

Un jour, un homme se présente à elle. Dans un mauvais français, il lui donne le mot de passe qui atteste qu’il est un membre de la résistance, en apparence. Pendant près d’un mois, Gabrielle va fournir des informations au traître la traînant, sans qu’elle ne le sache, toujours plus vers son arrêt de mort. 

Le 20 janvier 1916, elle est arrêtée avec la famille chez qui elle avait pris logis. Torturée, elle fera tout pour que soient remis en liberté sa logeuse et ses fils qui ignoraient tout de ces activités d’espionne. Eux sont déclarés innocents, mais ça ne sera pas son cas. Condamnée à mort le 3 mars 1916, elle profite des derniers temps qui lui reste pour rassurer ses proches. 

Inscription sur la statue commémorative de Gabrielle Petit sur la place Saint-Jean, à Bruxelles

Voici l’une de ces dernières lettres : 

 Ma chère marraine,

   Ton recours en grâce est rejeté. Je te remercie de ta bonté. Adieu…c’est plein de courage. On te remettra de ma part une somme de 581 francs.

Veux-tu bien partager avec ma sœur Hélène ?

   Remerciements à cousin Bara.

   Bons baisers et adieu.

                                                                                             Gabrielle PETIT.

Le 01 avril 1916, elle est fusillée. Courageuse, c’est yeux dans les yeux, face à ses bourreaux qu’elle décide de finir sa vie. Refusant de porter le bandeau, elle s’écrit “ Vive le roi, Vive la ….” et ne terminera jamais sa phrase. 

Gabrielle Petit, c’est l’histoire d’une femme courageuse qui a su se battre pour ses convictions, ses valeurs, sa patrie mais, aussi, et surtout, se battre pour ceux qu’elle aimait.